Achevé d'imprimer le 4 décembre 1964 pour René Julliard
470 pages
Le Voleur fut redécouvert en 1955 et réédité par
J.-J. Pauvert (ainsi que Bas les Coeurs). Parmi les nom-
breux articles qui parurent alors, nous détachons celui
d'André Breton.
© Jean-Jacques Pauvert, Paris
[ Il est inexcusable et surprenant que la caution de
Jarry auprès de ceux qui savent quel infaillible détec-
teur il fut des valeurs "modernes", n'ait pas depuis
longtemps fait sortir de l'ombre Le Voleur de Darien
et imposé sa réédition. C'est à l'exposition Jarry, orga-
nisée par le "Collège de pataphysique" à la librairie
Jean Loize (mai-juin 1953), que l'ouvrage, dans un
rarissime exemplaire de l'originale de 1897, dut de
prendre physiquement la place que le poète lui avait
assignée(1), soit la sixième entre les dix-sept livres aux-
quels allait sa prédilection. Objet d'une brève mais élo-
gigues notice au catalogue, il s'épaulait là d'une collec-
tion des onze numéros de L'Escarmouche, revue
rédigée, semble-t-il, par Darien à lui seul et illustrée
par Lautrec, Bonnard, Hermann-Paul, Vallotton, qui
parut de novembre 1893 à mars 1894. Ainsi s'amorçait
une réparation.
Celle-ci ne peut manquer d'être éclatante. Notre
temps est incomparablement mieux préparé à recevoir
Le Voleur que ne put l'être "la Belle Epoque". Pré-
sentée aujourd'hui avec grand soin par Jean-Jacques
Pauvert, le volume se signale en librairie par une cou-
verture d'une remarquable économie de moyens qui
campe le défi en personne. Le contenu tient, et au-
delà, les promesses du contenant.[…]
(1) " Gestes et opinions du Docteur Faustroll : Des livres pairs du docteur. - Du petit nombre des élus."

Mouais.
RépondreSupprimerIl ne faut pas négliger le fait que c'est Auriant qui maintint longtemps l'intérêt autour de Darien et que Pauvert ne le "redécouvrit" pas mais le publia tout simplement. On voit que déjà, à l'époque, on n'hésitait pas à gonfler quelque peu l'importance de certaines éditions, non pour leur contenu mais pour l'aura qu'elle procurait.